en juillet 2008.
Nous sommes partis de la région parisienne
un matin
du soleil plein les mirettes
forcément, en allant vers l'est,
renouveler nos stocks de champagne en bouteilles et demi-bouteilles.
Nous nous en accordons volontiers une coupette le week-end,
pour arroser quelque chose avec des amis,
ou même seuls sans autre raison particulière que le plaisir de la papille.
Jusqu'à présent, un ex-collègue de Marc
nous fournissait chez un producteur champenois
aux prix très raisonnables
et au produit que nous et nos amis trouvons excellent.
Mais le collègue est maintenant en retraite et nous aussi,
donc pour la première fois,
nous sommes allés chercher notre champagne nous-mêmes.
Il fallait prendre rendez-vous, nous étions attendus.
Nous nous sommes un peu perdus,
mais pas trop.
Le producteur nous avait promis de nous présenter le processus de fabrication.
Il l'a fait et nous a montré le matériel
(hé non, les cuves pour faire le champagne ne sont pas en bois)
et fourni un certain nombre d'explications aux ignares que nous sommes en ce domaine.
On a continué la conversation, attablés dehors au soleil
devant une bouteille de champagne qu'il a débouchée pour nous.
Il fait 20 000 bouteilles par an en moyenne
et ne vend qu'à des particuliers, souvent fidèles clients,
et non à la grande distribution aux commandes aléatoires
("10 000 bouteilles une année, puis rien l'année suivante...").
Notre rendes-vous initial avait été reporté car il devait faire du "passage au froid",
à savoir, le refroidissement des cuves pendant quelques jours, destiné à clarifier le vin.
Il va devoir maintenant "ouiller",
c'est-à-dire finir de remplir complètement les cuves.
En effet les cuves doivent être pleines jusqu'au couvercle pendant le processus de fabrication.
Il utilise, dit-il, des engrais organiques, et traite à la bouillie bordelaise.
Cependant, la bouillie bordelaise étant à base de cuivre,
est considérée maintenant comme encore trop polluante
et il va devoir changer de produits.
Il a abordé la classification des crus :
100% pour les grands crus,
90 à 99% pour les 1ers crus
et 80 à 89% pour les sans cru.
Lui-même étant classé 86%.
J'ai regardé autour de moi,
j'étais impressionnée par l'engin agricole haut sur pattes
et j'ai demandé ce qu'il faisait.
"Tout, m'a-t-on répondu: il taille, il traite...".
On a eu droit à un petit cadeau :
un bouchon spécialement conçu
pour bouteilles de champagne entamées.
Ils sont très sympathiques, on reviendra.
(qu'allez vous imaginer?
même à quatre: nous deux, lui et sa femme,
nous n'avons pas bu la moitié de la bouteille!).
En partant, nous avons fait un crochet par la Montagne de Reims.
Des vignes à perte de vue, dont de grosses exploitations sans doute,
et des traitements par hélicoptère.
C'est bête, quand il est arrivé,
nous étions en train de casse-croûter sur un parking
en bordure du champ
et nous étions sous le vent...
Sur le chemin du retour :
des vignes, des vignes et encore des vignes,
Dans les villes et les villages :
des producteurs et négociants en vin, partout...
Même sur les ronds-points,
il y avait des bouteilles de champagne.
J'ai remarqué, et c'est un bon point pour eux,
que certains viticulteurs
utilisaient des rosiers comme détecteurs de mildiou.
En effet, le rosier y est plus sensible que la vigne.
Quand le rosier est malade, il est temps de traiter la vigne.
Cette méthode permet de limiter l'emploi des fongicides.
Je ne voulais pas faire d'article didactique sur la fabrication du champagne
mais vous pouvez aller voir ici :
si vous ne vous souvenez plus de la contenance
du nabudochonosor ou du melchizedec.